26.12.09

Gaza, un an plus tard...


Il y a tout juste un an, une impitoyable agression (encore impunie) a fait 1400 morts. Gaza, 2 millions d’habitants et autant de victimes. 2 millions de Gazaouis, vivants dans une prison à ciel ouvert, entassés les uns sur les autres, manquant de toutes les nécessités, et privés de tout, et comme si cela ne suffisait pas, on leur a offert une opération « Plomb durci », un peu plus d’ambiance que d’habitude, pour égayer leur quotidien malheureux.

Alors voilà, pour faire court et simple, le Plomb durci est une attaque meurtrière israélienne qui a débuté le 27 décembre 2008. Elle consistait en des bombardements et des crimes contre l’humanité. Le premier raid a fait 200 victimes, la couleur est tout de suite annoncée. Une offensive aérienne suivie d’une offensive terrestre, un blocus de tous bords, soutenu par l’Egypte (un soi-disant pays frère). Au bout de 18 jours d’horreur, on se réveille sur une ville complètement détruite, une ville abandonnée à son propre sort, et ce n’est pas les rapports de l’ONU (rendus plus tard) qui arrangeront les choses, ni les coups de gueule des ONG sur place, et encore moins les manifestations pacifistes dans le monde. On cherchera à disculper le gouvernement israélien, et on essaiera de rejeter la faute sur le Hamas. Israël bombarde et stoppe les convois humanitaires, et le Hamas endosse la responsabilité ; l’éternelle chansonnette, l’éternel jeu de rôles mortel où les premières victimes sont toujours les innocents…

Un an plus tard, le blocus n’est toujours pas levé, et les criminels sont toujours libres. Un an plus tard, le devoir de mémoire s’impose, parce que je ne peux pas oublier la terreur, parce que je ne dois pas oublier l’injustice…

25.12.09

identité numérique Vs identité réelle

Il y a quelques semaines, j’ai rencontré un blogueur (pas la peine de le citer, il se reconnaitra :p). Je lisais parfois ses posts avant de faire sa connaissance et j’avais l’image d’une personne agitée, coléreuse et trépidante. Finalement, j'ai été surprise par quelqu’un de relativement calme, patient et placide (à moins que tu me caches ton vrai visage, hein ?). De la même manière, il m’a dit qu’il me trouvait plutôt posée et beaucoup moins agitée que mon blog ! En effet, en lisant mes posts, il croyait que j’étais une chipie (la phrase exacte était : sur ton blog tu donnes l’impression d’être une "chouha" !:) s'il y a quelqu'un pour confirmer cette impression, qu'il ne se gêne surtout pas :).....

Sommes-nous alors victimes d'un dédoublement de la personne? Vue sous cet angle, la question se pose... Mais je crois que la réponse est négative, du moins en ce qui me concerne! (je sais que c'est subjectif ). En fait, je pense que le problème c'est l'idée qu'on se fait sur la personne quand on lit les blogs (c'est aussi valable pour les relations virtuelles proprement dites, genre les t'chat sur MSN, Facebook, Twitter et autres). On peint un portrait imaginaire de la personne qui pourrait écrire ces lignes ou penser de la sorte, ce qui ne correspond pas forcément à la réalité. Ou alors, derrière l’écran on devient tous une autre personne, vu qu’il n’y pas d’interactivité, pas d’interlocuteur pour nous couper la parole, ou encore nous calmer lors d'un coup de gueule, on se lâche et l’autre "moi" sort au grand jour !

Plus sérieusement,le Net change beaucoup de choses, et la communication par l'entremise d'ordinateurs a son lot de particularités: l'absence de quelques pour ne pas dire tous les indices sensoriels, et l'absence du corps, remplacé par une identité numérique où le texte devient notre seule intermédiaire de communication, ce qui la rend limitée. Et pour cause, en l'absence du corps (avec corps je désigne: l'apparence, la manière de parler, la voix, la tenue, etc), la communication est non seulement limitée, mais elle est aussi faussée. Car une personne, aussi fidèle soit-elle à son identité numérique, ne peut pas interagir de la même manière en on-line et en off-line. Et là, je ne vais pas essayer d'expliquer l'adaptation souvent difficile des relations de virtuelles à réelles, mais comme je l'ai dit précédemment, de l'image que l'on se fait de l'autre personne derrière l'écran. En fait, sans le corps, l'intellect n'est pas parasité. En même temps, ce corps fait partie intégrante de la personne et reflète son image. D'où la conclusion (la mienne) que notre vraie personne est un mélange de l'identité numérique et l'identité réelle. Aussi différentes soient-elles, elles restent indissociables.

20.12.09

Le e-journalisme

Le web journaliste est un nouveau métier, plus ou moins déconsidéré en Tunisie par les journalistes de la presse écrite, les mêmes qui nous ont poussés à boycotter la presse tunisienne. Ceux là, refusent aujourd'hui de prendre en considération l'évolution technologique des médias, et essaient par tous les moyens de dévaloriser le métier du web journaliste, parce qu'ils ne veulent pas ou ne peuvent pas s'y adapter.

Pour l’anecdote, il y a quelques jours, lors d'une conférence de presse, un journaliste de la presse écrite, n'a pas hésité à massacrer la nouvelle presse électronique, insistant à ne pas la comparer à la « digne » profession de journaliste qu'il exerce depuis des dizaines d'années dans l'un des journaux mauves. J'avais envie de lui dire que c’est à cause de gens comme lui que j'ai mis une croix sur la presse tunisienne, que c'est à cause des gens comme lui que j'ai grandi avec une idée en tête : « il n'y a pas de journalisme en Tunisie », j'avais envie de lui dire qu'avec des gens comme lui, on resterait au moyen-âge. J'avais envie de lui dire, lui qui est si fier d'être journaliste dans un glorieux quotidien comme Al chourouk, al sarih ou au mieux La Presse, et qui de ce fait refuse d’être comparé à un jeune web journaliste, qu’Edwy Plenel, ex-directeur du journal Le Monde a lancé le site d'information en ligne MediaPart, que Pierre Haski a laissé tomber Libération pour fonder rue 89. J'avais envie de lui balancer dans la figure la phrase que Benoît Raphael, rédacteur en chef du site Le Post : "l’ADN de l’info a changé, il faut changer l’ADN des journalistes". J'avais envie de lui dire que si la presse écrite agonise de l'autre côté de la rive, elle est déjà morte et enterrée chez nous depuis déjà quelques années, et qu’on devrait au moins essayer de ressusciter le journalisme sous une autre forme grâce à la nouvelle génération et aux nouvelles technologies qu’offre Internet. Bref, j'avais envie de lui dire plein de choses, mais en vrai journaliste tunisien qui se respecte, il avait l'air si obtus, que j’ai décidé de m'épargner tant d’efforts...

Revenons au e-journalisme. En effet, avec le développement des nouvelles technologies, il est impossible d'ignorer le métier de web journaliste. La croissance du web a engendré une crise éditoriale de la presse écrite de par le monde. Un nouveau modèle d'information est donc inévitable. Les plus grands journaux (Le Monde, Nouvel Obs, New York Times, Washington Post, The Gaurdian, The Times, etc.) l'ont bien compris et n’ont pas hésité à se lancer sur le web, avec une équipe de rédaction web,complètement indépendante. Les nouveaux web journalistes débarquent. Nouveau métier, nouvelles règles ! En voici quelques unes :

Les concurrents, ce n’est pas uniquement les autres journaux, mais c'est aussi les agrégateurs de flux RSS et les blogueurs, qui accèdent et diffusent l’information presqu’au même titre qu’un journaliste professionnel. Mais contrairement à un blogueur, le web journaliste doit vérifier l’information et vérifier sa source avant de la mettre en ligne, ce qui peut lui faire perdre du temps mais aussi sa fonction de diffuseur d’information. Exemple : les manifestations iraniennes, couvertes en temps réel sur twitter par de simples citoyens !

Le web journaliste doit également être super rapide (l’info en temps réel), créer le buzz, et s’adapter aux communautés. Confronté à un nouveau contexte technologique, il fait face à un métier composite : texte, vidéo et son, ce qu’on peut traduire par le rich média. Il ne s’agit pas uniquement de chercher l’information et la diffuser, car tout le monde peut désormais le faire, mais de la rendre intelligible. Il faut savoir faire circuler l’information Ce qui nous entraîne vers une autre règles aussi importante : l’écriture web. En fait, le web journaliste doit s’adapter à cette nouvelle écriture, qui doit être courte (les gens ne lisent pas beaucoup sur l’écran) accrocheuse, dynamique, et il doit surtout intégrer les bons mots clés pour être bien référencé ! Il s’agit là d’une nouvelle contrainte journalistique propre au web. A ne pas oublier les liens, le journalisme à l’ère du web 2.0 ne peut pas se permettre de se passer des liens hypertextes , afin de contextualiser et enrichir les articles. Enfin, une autre nouvelle donne dans le e-journalisme, l’interaction des lecteurs. Le web journaliste fait face aux commentaires des lecteurs. En fait, il n’est plus là pour diffuser l’information, mais pour la partager et la faire débattre.

Conclusion : la fracture est grande entre le journalisme et le e-journalisme, et franchement, ce n’est pas plus mal !