29.6.12

Le cirque "légitime"

Le gouvernement Jebali livre en catimini Bagdhadi Mahmoudi à la Libye. Marzouki, qui n’a cessé d’affirmer son opposition à une extradition en l’absence d’un gouvernement élu et les garantie d’un procès équitable avoue en plus ne pas en être informé. Crise au sommet de l’Etat. Critiques de la société civile. Surnommé «Tartour» sur les réseaux sociaux, un terme pas très glorieux qui cité par l’AFP est repris par la presse internationale. Une humiliation de trop pour le Président de la République.

Le lendemain, à l’assemblée nationale constituante, on veut bien mettre cette affaire sur le tapis. M. Ben Jaafer, dont le est parti l'allié d’Ennahdha au gouvernement, s’y refuse. 73 députés quittent la séance et décident de déposer une motion de censure contre le gouvernement. Entre temps, le ministre des Finances, répondant à la question autour de l’extradition honteuse et scandaleuse de Mahmoudi déclare à la télévision, qu’en politique il n’y a pas de valeurs mais des intérêts. Tranquille…

Et pour se venger, le gamin M. le Président vérifie ses prérogatives «très limitées» et annonce le lendemain la décision de démettre le Gouverneur de la Banque centrale Mustapha Kamel Nabli de ses fonctions. Cela fait des mois qu’il meurt d’envie de le faire mais ne trouve pas de soutien. (les raisons de divergence avec la BCT expliquées ici). Homme d’Etat comme il l’est, il l'annonce sur la page Facebook de la Présidence de la République après un teasing... On ne peut pas être plus ridicule. Enfin si, avec Marzouki, il faut s’attendre à tout. Donc, M. Le Président annonce qu’en concertation avec le chef du gouvernement, M. Nabli sera démis de ses fonctions. Une décision qui devra être d’abord examinée par l’assemblée nationale constituante et passer au vote pour être effective. (Vous l’aurez compris, il ne peut rien décider tout seul. Mais comme il fallait le calmer un peu Ennahdha a décidé d’échanger Mahmoudi contre Nabli. Belle opération. Non, je déconne, c’est pathétique.

Et comme Marzouki a l’impression qu’il n’a pas encore touché le fond. Il annonce jeudi après-midi, un discours,20h sur la télévision nationale. 19h30, sur page Facebook –évidemment- on nous annonce que le discours est reporté à une date ultérieure, sans évoquer les raisons d’annulation. 3 heures plus tard, son conseiller principal chargé de l’information, Ayoub Massoudi, annonce sa démission sur son blog, avec comme titre «Enfin libre».

Des clowns qui nous gouvernent ? Un cirque ? Un zoo ? Je dois dire qu’on est en présence du pire gouvernement qu’ait eu la Tunisie de toute son histoire. En plus de l’incompétence technique et politique, la cruauté, le manque de transparence. Et gare à celui qui ose le critiquer ! on lui sort la carte de la légitimé !! Mais cela veut dire quoi légitime ? qu’il a le droit d'être ridicule et sans que ne puissions le remettre en cause ? La légitimité des urnes on l’a respectée et nous avons aujourd’hui 217 élus dont la plupart ne méritent pas leur place. Le pays a besoin d’une autre légitimité, celle de la compétence. Le minimum requis n'existe pas dans le gouvernement actuel. On ne peut voir le bateau couler et croiser les bras car on a voté le 23 octobre. Ce n’est pas possible. Où va-t-on avec tant de ridicule et de bêtise?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonne analyse de cette situation burlesque d'un gouvernement incompétent qui prend sa revanche et fait subir au peuple: l'austérité,le mensonge,la faim,le chômage,la soumission...les crises d'hystérie au nom d'une identité "arabo-musulmane"avec des alliances et des divergences.Le pouvoir fait partie de leurs préoccupations majeures. La course aux prochaines élections est belle et bien leur seul objectif.
Une assemblée constituante moribonde qui défend ses privilèges pécuniers en piètinant dans "la semoule",et surtout en oubliant ses fonctions essentielles...
Mais, il n'est jamais trop tard pour que cette situation change!!!

LKwesiJ a dit…

Légitimité veut dire qu'ils ont un soutien populaire, démocratique. La légitimité de la compétence (définie par qui d'ailleurs?) n'était pas Ben Ali? Le NSDAP dans l'Allemagne des années 30? Vichy? Cuba? C'est effectivement l'idée derrière la plupart des régimes dictatoriales. Drôle de souhaite...