18.2.12

Diarrhée verbale

Un directeur de journal qui croupit en prison parce qu'il a publié à la Une de son quotidien une photo osée. Aujourd'hui, il entamme une grève de la faim. This sounds so familiar... Hey, vous êtes sûr qu'on est en 2012?! Mais oui, on est bien en 2012, la preuve on se laisse pousser la barbe sans problème aujourd'hui et des terroristes sont relâchés dans la nature (l'affaire Bir Khlifa serait liée à celle de Slimane en 2007), des pédophiles (i.e le frère du ministre de la Justice Bhiri) sont amnisités... mais des jeunes restent encore en prison pour avoir fumé du canabis. Donc ok, Ben Ali est parti mais je ne sais pas si on peut parler de révolution dans ce pays. Euh, mais si quand même! Un prédicateur obscurtantiste, partisan de l'excision des femmes qui fait le tour des mosquées, c'est pas une révolution en Tunisie ça? Non, c'est juste une catastrophe! Un homme de la pire espèce vient nous donner des leçons au milieu de Takbir et de takfir, est-ce pour cela qu'on s'est soulevé? Elles sont où les autorités de ce pays? Les mosqués ne sont pas des lieux de conférence mais de prière. L'incitation à la haine et à la violence est punis par la loi. Appliquons la loi! On ne demande rien de plus.

Aujourd'hui, nous prenons un virage dangereux, on est dans un formalisme qui nous paralyse et polarise la société: soit on est laïc progressiste, soit on est islamiste. C'est binaire! On joue sur la peur des deux côtés: les islamistes vont te priver de ta liberté! les progressistes vont te détacher de ton identité! Une polarisation stérile, stérile et stérile! je ne me suis jamais demandée si j'étais musulmane ou pas, laïque ou pas, arabe ou pas. Je vivais bien ma Tunisianité. Je pensais que ce jeu malsain allait s'arrêter avec les élections, mais ça continue encore alors que le problème n'est pas là! le problème c'est la pauvreté, le chômage (18% ), la corruption... Enfin bref, ce qui se passe est en train de tuer en moi le sentiment de pouvoir faire quelque chose, l'élan révolutionnaire a été court-circuité. Je ne trouve plus rien à dire mais j'avais besoin de (dé)gueuler.