26.3.12
Tunisie : Le gouvernement perd toute crédibilité
Je ne céderai pas à la dictature par anti-islamisme, et je ne regretterai pas Ben Ali parce qu’il y a des extrémistes religieux. Mais face à l’incompétence, le laisser-faire et le laxisme de ce gouvernement, on ne peut plus se taire. La période de grâce a assez duré, surtout quand on constate que plus le temps passe plus on s’enfonce. Les priorités changent, les bavures se multiplient et les pratiques nous rappellent l’époque mauve.
Le débat n’est pas chômage, développement régional et liberté, mais Chariaa. Et aujourd’hui, on veut nous faire croire qu’Ennahdha lâche du lest en maintenant l’article 1er de la constitution de 1959? Sans blague ?
Il faut savoir que pour cet article : « La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain: sa religion est l'Islam, sa langue l'arabe et son régime la république », il y a eu, dès le départ, un consensus entre tous les partis, avant que certains nahdhaouis commencent à dévier et tentent de grignoter sur fond de manifestations salafistes (une tactique de manipulation). Cet article 1er n’est tout d’abord pas une source de loi. Et Il n’est pas une garantie contre d’éventuelles dérives. (j'avoue que leur attitude ne m'inspire pas confiance pour la suite)
Il fait aussi rappeler que les gens qui sont morts sous les balles, ne se sont pas sacrifiés pour inscrire la Chariaa dans la constitution, et appeler au meurtre des juifs et aux Bourguibistes comme on l’a vu hier. Les blessés de la révolution, sont aujourd’hui les oubliés de la révolution. Au moment où j’écris ce post, ils campent là devant le ministère des droits de l’homme, non pas dans l’indifférence, mais dans la violence (témoignage de Zakaria Bouguerra, présent sur les lieux ).
Il faut savoir que la campagne électorale nahdhaouie a radicalisé les gens. Il suffit de regarder les commentaires sur la page de Rached Ghannouchi quand il a annoncé que la Chariaa ne sera pas mentionnée dans la nouvelle constitution. « Tu nous a trahis ! On veut la Chariaa ! … » Oui, Ennahdha a créé un monstre, qu’elle a du mal à contrôler aujourd’hui. La Tunisie se divise et s’enfonce avec la bienveillance de la Troïka et la passivité de Marzouki et Ben Jaffar. Cela ne peut plus durer. Le gouvernement a montré ses limites et son incapacité à gérer le pays. La rue nous rappelle.
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14.3.12
13 mars: La mascarade de Carthage
Hier, on a assisté à une grande mascarade au palais présidentiel de Carthage. Rendre hommage à Zouhaier Yahyaoui en invitant les administrateurs des pages قناة التنبير, اتحاد صفحات الثورة, koora,etc. Fallait quand même l'oser. Fêter cette journée avec ceux qui sont passés maîtres dans l’art de la diffamation, du mensonge et de la violence verbale est ahurissant.
Je précise que je ne fais pas partie de ceux que visent Wissem Tlili (Gouverneur de Normalland) et actuel conseiller culturel de Marzouki, ceux qui, selon ses dires « veulent faire les héros en mentant et disant avoir décliné des invitations, sans même qu'on les appelle. » Non, moi je n’ai pas été invitée et j’en suis contente, car je n’ai pas eu à jouer l’héroïne en déclinant l’invitation, n’est-ce pas ? ça m’a évité d’expliquer que le refus n’est pas un acte de rébellion mais une manière de dénoncer la supercherie qu’il y a autour. Oui, je n’aurai pas accepté de contribuer à cette mascarade. Fêter la liberté d’Internet, alors que le procès contre l’ATI est encore en cours est absurde. Fêter la liberté d’Internet en compagnie des gens qui, hier encore, soutenait Ben Ali (l’exemple de la page Koora) est mesquin. Fêter la liberté d’Internet quand le Président de la République nous parle de lignes rouges est pour moi hypocrite.
Je suis tout de même triste. Triste que cette journée qui devait rendre hommage à Zouhaier Yahyaoui ne soit pas à la hauteur. Triste d’apprendre aujourd’hui sur Nawaat, que sa fiancée Sophie Piekarek, grâce à qui TUNeZINE a continué à fonctionner quand il était en prison, n’a même pas été invitée. Triste de voir que tous ses compagnons de route n’étaient pas là. A la place, on leur préféré les révolutionnaires de la 25ème heure et des administrateurs de pages. Faut croire que le militantisme est mesuré en fonction du nombre de fans sur Facebook aujourd’hui.
Et pour finir, je voudrais juste dire aux blogueurs, cyber activistes, administrateurs de pages & co, qu’un peu d’humilité n’est pas trop demandé.
Je précise que je ne fais pas partie de ceux que visent Wissem Tlili (Gouverneur de Normalland) et actuel conseiller culturel de Marzouki, ceux qui, selon ses dires « veulent faire les héros en mentant et disant avoir décliné des invitations, sans même qu'on les appelle. » Non, moi je n’ai pas été invitée et j’en suis contente, car je n’ai pas eu à jouer l’héroïne en déclinant l’invitation, n’est-ce pas ? ça m’a évité d’expliquer que le refus n’est pas un acte de rébellion mais une manière de dénoncer la supercherie qu’il y a autour. Oui, je n’aurai pas accepté de contribuer à cette mascarade. Fêter la liberté d’Internet, alors que le procès contre l’ATI est encore en cours est absurde. Fêter la liberté d’Internet en compagnie des gens qui, hier encore, soutenait Ben Ali (l’exemple de la page Koora) est mesquin. Fêter la liberté d’Internet quand le Président de la République nous parle de lignes rouges est pour moi hypocrite.
Je suis tout de même triste. Triste que cette journée qui devait rendre hommage à Zouhaier Yahyaoui ne soit pas à la hauteur. Triste d’apprendre aujourd’hui sur Nawaat, que sa fiancée Sophie Piekarek, grâce à qui TUNeZINE a continué à fonctionner quand il était en prison, n’a même pas été invitée. Triste de voir que tous ses compagnons de route n’étaient pas là. A la place, on leur préféré les révolutionnaires de la 25ème heure et des administrateurs de pages. Faut croire que le militantisme est mesuré en fonction du nombre de fans sur Facebook aujourd’hui.
Et pour finir, je voudrais juste dire aux blogueurs, cyber activistes, administrateurs de pages & co, qu’un peu d’humilité n’est pas trop demandé.
9.3.12
La femme tunisienne restera libre
Le 8 mars, journée de la femme. Cette année, je voudrais rendre hommage à la femme tunisienne en particulier, non pas parce que je suis tunisienne, mais parce que je suis convaincue que l'avenir de la Tunisie c'est la femme avant tout.
On dit souvent que la femme tunisienne ne s'est pas battue pour avoir ses droits, c'est Bourguiba qui les lui a offerts ( et Tahar Haddad en a largement contribué, on l'oublie souvent) ce qui n'est pas tout à fait faux. Mais ce n'est pas pour autant que la femme tunisienne est prête à les céder aujoud'hui. Malgré les inquiétudes que certains comportements peuvent susciter, la femme tunisienne tient à garder sa liberté. Elle a fait partie de toutes les luttes, elle a massivement participé à la "révolution", et elle ne cédera jamais à ses droits, n'en déplaise à certains.
Marche des femmes, Bardo, 8 mars 2012 (photo: Tarek Cheniti)
Marche des femmes tunisiennes, Tunis, 8 mars 2012 (Photo: Sofiane Ben Said)
On dit souvent que la femme tunisienne ne s'est pas battue pour avoir ses droits, c'est Bourguiba qui les lui a offerts ( et Tahar Haddad en a largement contribué, on l'oublie souvent) ce qui n'est pas tout à fait faux. Mais ce n'est pas pour autant que la femme tunisienne est prête à les céder aujoud'hui. Malgré les inquiétudes que certains comportements peuvent susciter, la femme tunisienne tient à garder sa liberté. Elle a fait partie de toutes les luttes, elle a massivement participé à la "révolution", et elle ne cédera jamais à ses droits, n'en déplaise à certains.
Marche des femmes, Bardo, 8 mars 2012 (photo: Tarek Cheniti)
Marche des femmes tunisiennes, Tunis, 8 mars 2012 (Photo: Sofiane Ben Said)
4.3.12
Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience
Il y a tout juste un an, le pays était au bord du chaos, mais j’étais pleine d’espoir. Je savais que le chemin serait long, mais je me disais nous avons au moins un acquis : le « Plus jamais peur ». Ce « Plus jamais peur » est notre garant contre tout retour en arrière. J’étais loin de penser que quelques mois plus tard, des gens descendront manifester pour soutenir le gouvernement en place. Un gouvernement qui cumule le manque d’expérience et l’incompétence. Le pire gouvernement que la Tunisie ait eu. Normal, le nombre d’années passées en prison a été le paramètre déterminant dans la répartition des portefeuilles ministériels. Les compétences tout ça, on s’en fou.
Aujourd’hui nous avons un président qui se croit vraiment élu par le peuple alors qu’il est passé dans sa circonscription grâce au plus fort reste… quand ça lui arrive de faire un tour à l’intérieur du pays, des gens l’accueillent avec des « vive Ben Ali », ça peut paraître anecdotique mais cela dénote la gravité de la situation. A vrai dire, je ne sais pas si c’est un Président de la République qu’on a ou un clown dans un cirque. Il ne cesse d’additionner les maladresses malgré ses prérogatives très limitées. i.e : Il renvoie l’ambassadeur de la Syrie puis propose d’accueillir Bashar Al Assad. Oubliant au passage que des gens ne demandent que l’extradition de Ben Ali de l’Arabie Saoudite. Ce pays où le premier ministre Jebali est allé mendier de l’argent au détriment notre dignité. Des sont aussi morts pour la liberté et le droit au travail et à une vie descente. Mais vous savez de quoi on parle à l’assemblée constituante ? On parle de chariaa dans la constitution.
Cette révolution, si jamais elle a eu lieu, elle n’est pas encore achevée. Ben Ali est parti mais le régime n’est pas encore tombé. Les privilégiés ont changé mais les privilèges sont restés. Ennahdha se « rcdise » chaque jour un peu plus et c’est intolérable. Le « Tout ça pour ça » je ne veux pas l’employer. Nous avons entamé quelque chose, nous devons l'achever. « Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience » disait Jaurès. Soyons tous conscients !
Aujourd’hui nous avons un président qui se croit vraiment élu par le peuple alors qu’il est passé dans sa circonscription grâce au plus fort reste… quand ça lui arrive de faire un tour à l’intérieur du pays, des gens l’accueillent avec des « vive Ben Ali », ça peut paraître anecdotique mais cela dénote la gravité de la situation. A vrai dire, je ne sais pas si c’est un Président de la République qu’on a ou un clown dans un cirque. Il ne cesse d’additionner les maladresses malgré ses prérogatives très limitées. i.e : Il renvoie l’ambassadeur de la Syrie puis propose d’accueillir Bashar Al Assad. Oubliant au passage que des gens ne demandent que l’extradition de Ben Ali de l’Arabie Saoudite. Ce pays où le premier ministre Jebali est allé mendier de l’argent au détriment notre dignité. Des sont aussi morts pour la liberté et le droit au travail et à une vie descente. Mais vous savez de quoi on parle à l’assemblée constituante ? On parle de chariaa dans la constitution.
Cette révolution, si jamais elle a eu lieu, elle n’est pas encore achevée. Ben Ali est parti mais le régime n’est pas encore tombé. Les privilégiés ont changé mais les privilèges sont restés. Ennahdha se « rcdise » chaque jour un peu plus et c’est intolérable. Le « Tout ça pour ça » je ne veux pas l’employer. Nous avons entamé quelque chose, nous devons l'achever. « Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience » disait Jaurès. Soyons tous conscients !
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