Belhassen Trabelsi, beau-frère du Président déchu Ben Ali, en fuite depuis le 14 janvier 2011 au Canada, vient d'envoyer une lettre aux Tunisiens, demandant leur pardon. Non datée, on a d'abord pensé à une mauvaise blague ou une intox de plus. Mais, et depuis hier soir, les rédactions des médias tunisiens ont reçu des copies de cette lettre par fax de la part de l'avocat de Belhassen Trabelsi. Mohamed Hédi Lakhoua.
«Nous nous trompons tous, mais il faut que l'on demande pardon, si l'on est sincères et cette lettre n'est qu'une tentative de ma part pour m'excuser et demander pardon, bien que je sache que je suis aux yeux des Tunisiens, pour ne pas dire tous les Tunisiens, le criminel qui a pillé le pays et spolié les gens avant de partir.»
Mea Culpa de Belhassen Trabelsi? Non pas vraiment... Lire la suite sur Tekiano
14.4.12
10.4.12
Tunisie, 9 avril 2012 : La machine répressive reprend de plus belle
Ce 9 avril 2012 est une journée de honte à graver dans le palmarès de ce gouvernement, post-14 janvier mais loin d’être révolutionnaire. La marche pacifique pour fêter la journée des martyrs a été l’occasion de prouver que ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui se plaisent à garder l’Etat policier de Ben Ali.
Aujourd’hui, à peine arrivée à l’avenue Habib Bourguiba vers 11h, j’ai été accueillie par le jet des bombes-lacrymogène. Il y avait un barrage du côté de l’avenue Mohamed V, au niveau du ministère du tourisme, et la tension était déjà à son comble.
Les policiers, en uniforme, cagoulés et en civil étaient très agressifs. J’ai vu des hommes, des femmes, des jeunes et moins jeunes, des journalistes, des avocats, se faire tabasser, insulter et traité par tous les noms arrêter, se faire arrêter et embarquer arbitrairement par une police très violente. J'ai vu des milices qui collaboraient avec la police et agresse les gens, j'ai assisté à des jets de bombes-lacrymogène soudaines, des coups de matraques qui s'enchaînent... Et non je n'ai pas vu ça sur facebook ou en lisant communiqués et des rapports, je l'ai bien vécu. J’ai dû me réfugier, avec d’autres personnes dans un immeuble pendant presque 30 minutes. On avait peur. On ne savait plus par où aller, le centre-ville était en état de siège. On était terrorisé.
Ce qui s'est passé est très grave. Et c’est encore plus grave quand je vois le ministre de l’intérieur, Ali Laarayedh, venir sur un plateau TV et nous parler de cocktails Molotov de la part des manifestants et dire n’avoir aucune preuve d’agressions sur les manifestants. Il n’est peut-être pas au courant que :
1- les cocktails Molotov ça allume des incendies, hors aucun incendie n’a eu lieu, il peut donc trouver un autre mensonge. Et
2- les agressions, on ne peut pas les compter tellement elles étaient nombreuses mais on peut au moins citer celles de Julie Schneider(correspondante du Journal Le Point, son témoignage ici), de Jawher Ben Mbarek (juriste et membre de Doustourna), ou encore de Fatma Riahi (blogueuse, son témoignage à l'hôpital en vidéo ici), les photos et vidéos peuvent témoigner du reste de la répression…
Ce qui s’est passé aujourd’hui rappelle Ben Ali. Et je pèse bien mes mots, cela rappelle l’époque Ben Ali. Nous avons arraché notre droit de manifester et nous manifesterons, à l’avenue Habib Bourguiba, n’en déplaise à ceux qui veulent nous instaurer une nouvelle dictature. Et j’espère que ceux qui se disaient démocrates et défenseurs des droits de l’homme et qui aujourd’hui sont au pouvoir grâce à nous «peuple tunisien», mesurent la gravité de ce qui s’est passé.
Vidéo résumant cette journée de violences policières :
Les milices d'ennahdha ne sont pas une nouveauté, Kais Berjab, avocat, en parlait déjà en janvier 2012: La milice d'Ennahdha opère dans l'impunité, Etat de droit vous dîtes ?
Aujourd’hui, à peine arrivée à l’avenue Habib Bourguiba vers 11h, j’ai été accueillie par le jet des bombes-lacrymogène. Il y avait un barrage du côté de l’avenue Mohamed V, au niveau du ministère du tourisme, et la tension était déjà à son comble.
Les policiers, en uniforme, cagoulés et en civil étaient très agressifs. J’ai vu des hommes, des femmes, des jeunes et moins jeunes, des journalistes, des avocats, se faire tabasser, insulter et traité par tous les noms arrêter, se faire arrêter et embarquer arbitrairement par une police très violente. J'ai vu des milices qui collaboraient avec la police et agresse les gens, j'ai assisté à des jets de bombes-lacrymogène soudaines, des coups de matraques qui s'enchaînent... Et non je n'ai pas vu ça sur facebook ou en lisant communiqués et des rapports, je l'ai bien vécu. J’ai dû me réfugier, avec d’autres personnes dans un immeuble pendant presque 30 minutes. On avait peur. On ne savait plus par où aller, le centre-ville était en état de siège. On était terrorisé.
Ce qui s'est passé est très grave. Et c’est encore plus grave quand je vois le ministre de l’intérieur, Ali Laarayedh, venir sur un plateau TV et nous parler de cocktails Molotov de la part des manifestants et dire n’avoir aucune preuve d’agressions sur les manifestants. Il n’est peut-être pas au courant que :
1- les cocktails Molotov ça allume des incendies, hors aucun incendie n’a eu lieu, il peut donc trouver un autre mensonge. Et
2- les agressions, on ne peut pas les compter tellement elles étaient nombreuses mais on peut au moins citer celles de Julie Schneider(correspondante du Journal Le Point, son témoignage ici), de Jawher Ben Mbarek (juriste et membre de Doustourna), ou encore de Fatma Riahi (blogueuse, son témoignage à l'hôpital en vidéo ici), les photos et vidéos peuvent témoigner du reste de la répression…
Ce qui s’est passé aujourd’hui rappelle Ben Ali. Et je pèse bien mes mots, cela rappelle l’époque Ben Ali. Nous avons arraché notre droit de manifester et nous manifesterons, à l’avenue Habib Bourguiba, n’en déplaise à ceux qui veulent nous instaurer une nouvelle dictature. Et j’espère que ceux qui se disaient démocrates et défenseurs des droits de l’homme et qui aujourd’hui sont au pouvoir grâce à nous «peuple tunisien», mesurent la gravité de ce qui s’est passé.
Vidéo résumant cette journée de violences policières :
Les milices d'ennahdha ne sont pas une nouveauté, Kais Berjab, avocat, en parlait déjà en janvier 2012: La milice d'Ennahdha opère dans l'impunité, Etat de droit vous dîtes ?
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